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Musique et Franc-Maçonnerie

La musique a toujours été, depuis les origines,  partie intégrante de la pratique maçonnique, notamment pour soutenir et embellir l’expression du partage et de l’amour fraternel sous la forme de chansons qui, après les cérémonies, exaltaient dans une joyeuse convivialité, au cours d’un repas le plus souvent bien arrosé, les vertus et les devoirs des francs-maçons. Cette pratique tend à disparaître comme est tombée en désuétude  l’habitude des chansons que l’on entonnait volontiers à la fin des repas de famille, encore en vigueur il y a quelques décennies. Il s’agissait de chansons  particulièrement chaleureuses mais bien modestes quant à leur qualité musicale que les frères du rite français entonnent toujours avec enthousiasme à la fin des travaux de table dans une chaîne d’union où circule l’amour fraternel.

Mais nos illustres prédécesseurs, à la fin du XVIII° siècle, offraient des concerts  dont la qualité valait à la loge qui les organisait un succès d’estime tel que cette prestation prenait parfois le pas sur les travaux maçonniques proprement dits et rehaussait la réputation et l’attractivité de la loge par la distinction de sa formation musicale.

Il en allait ainsi en France mais aussi en Autriche et les trois loges que comptait Vienne avaient la chance d’accueillir d’excellents musiciens parmi lesquels  Wolfgang Amadeus Mozart dont il est attesté qu’il assurait lui-même volontiers la partie musicale des tenues maçonniques. Et chacun sait qu’il a composé de nombreuses œuvres maçonniques de circonstances comme l’élégiaque et poignante ode maçonnique funèbre en Do mineur (K 477) dont le dernier accord, dans une résolution inattendue, illustre tellement bien l’espérance au-delà  de la mort et du deuil.

Mais la musique maçonnique ne se résume pas à ces formes très différentes. L’une, les chansons de banquet, modeste, simple et conviviale, illustration de l’horizontalité fraternelle que représente le niveau, l’autre subtile, voire savante, représentative de la verticalité transcendante que symbolise le  fil à plomb.

Intermédiaire entre ces deux dimensions qui ne résument pas l’étendue de la place de la musique dans la pratique maçonnique, entre les deux branches du compas en quelque sorte,  il faut considérer la fonction de la musique en tant que support du rituel, laquelle varie selon les rites et leur caractère propre.

A la remarquable exception du Rite écossais rectifié où la musique est absente- son fondateur, Jean-Baptiste Willermoz, s’y opposait formellement- tous les rites comportent une dimension musicale.

Ainsi les rites continentaux (RF et REAA) aiment illustrer les différentes phases des cérémonies  d’un support musical  qui soutient ou augmente, tantôt l’intensité dramatique, tantôt la profondeur méditative du moment, ce que ne pratiquent pas nos frères d’outre-manche.

En revanche nos frères britanniques (émulation, standard d’Ecosse) maintiennent la tradition  des hymnes à la gloire du grand architecte  de l’univers qu’entonnent tous les frères à l’ouverture et à la fermeture des travaux de la loge dans une sorte de prière chantée qui n’est pas sans rappeler les psaumes  tellement présents dans la liturgie anglicane.

Ainsi, dans des styles différents selon leurs cultures spécifiques, les francs-maçons britanniques et les francs-maçons du continent utilisent-ils la musique selon des modalités distinctes témoignant de l’esprit spécifique de leur rite, mais avec la même volonté de soutenir ainsi leur élan spirituel comme leur amour fraternel.

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