ArticlesÉsotérisme & alchimie

Kemia, le chemin des terres noires (partie 2)

les amusements incomplets de l’imagination Vera

Dans son traité « DE CULTE FEMINARUM », Tertulien dit, après beaucoup d’autres d’ailleurs dont le célèbre apocryphe « LIVRE D’HENOCH », Tertulien donc dit que « des anges – aggelos en grec signifiant messagers –dévoilèrent les secrets des métaux, firent connaître les propriétés des plantes, divulguèrent les pouvoirs de l’incantation et décrivirent toute la connaissance, jusqu’à l’interprétation des astres ». En effet les textes coptes et grecs des 3 et 4ème siècles ne parlent pas d’alchimie mais d’ART DIVIN ou TEKNE THEIA en grec traduit par « technologie du ciel ou dieu ».
L’Alchimie est un art du feu. Son principe est l’épuration, son unique méthode c’est dissoudre et /ou coaguler. Grace à elle l’opérateur peut obtenir un produit entièrement naturel que paradoxalement la nature n’offre pas d’elle-même.
Nous rejoignons Héraclite qui fut le promoteur de l’attraction et de la répulsion, de l’union alternée des contraires, et plaça le feu à l’origine de l’univers en affirmant que « de toutes choses il y a échange avec le feu et avec le feu il y a échange avec toutes choses ».
Le feu encore avec les pyramides dont on prête à tort à mon sens l’étymologie au mot PYRAMIS (mot grec) pour nommer un pain Egyptien de l’époque du bas empire égyptien qui était tronqué et conique. (conf : sydney AUFRERE université montpellier ). Il faudrait plutôt selon moi y voir la marque du mot PYR ou traduit par FEU en Français c’est-à-dire le PYR de pyromane. Nous trouverions ainsi de nouveau notre FEU. Là aussi en plusieurs dimensions nous avons PYRAMIS (le pain fait d’eau et de sel), et dans le même mot PYR le feu.

L’alchimie consiste à amener par le feu, c’est ce que l’on croit comprendre, à sa perfection ultime un métal ou quelque chose ou un être ou l’alchimiste lui-même par des moyens exclusivement naturels. Il n’y a pas de séparation entre le spirituel et le matériel mais bien une complémentarité que ce soit
métal ou homme ou esprit. S’il y a séparation c’est bien dissoudre sans altérer car le principe reste néanmoins. Souvenons-nous de nos murmures mes frères dans la chaine d’union, « rien ne meurt » et, aussi, Lavoisier à qui l’on prête cette expression du « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », concept emprunter en fait à Anaxagore disciple d’Anaximène et philosophe grec du 5ème siècle avant JC. Anaxagore qui introduit le concept de « NOOS » ou « NOUS » soit, l’intelligence organisatrice du monde qui serait formé ( Le monde ) de substances diverses qui n’auraient ,ni naissance ni fin, mais qui s’agenceraient seulement par combinaisons et séparations. Le NOUS ou NOOS sera repris par Aristote.

 Anaxagore disait encore cette belle phrase que je vous invite à comprendre en plusieurs dimensions là-encore : « par rapport au petit, il n’y a pas de minimum, mails il y a toujours plus petit, car il n’est pas possible que l’être soit anéanti par la division ». Bien que beaucoup pensent qu’Anaxagore n’était pas partisan de la théorie de l’atome développée par Démocrite à l’époque, je suis convaincu non seulement du contraire mais je pense qu’il va plus loin. La théorie de l’atome décrit en effet une particule indivisible et insécable selon Démocrite, et Anaxagore décrit que l’indivisible trouve toujours plus petit tout en restant lui-même ce qui est vrai du monde subatomique. 5ème siècle avant JC mes frères ! Quelle science ! Quelles intuitions !
L’immense PYTHAGORE de Samos nous décrit plus loin l’alchimie. Pythagore fut le disciple de Thalès de Phérécyde et d’Anaximandre avant de séjourner, tenez- vous bien et c’est historique, 22 ans en Egypte, à Memphis et à thèbes. A son retour à Samos, âgé de 55 ans il fonda une école de mystères, qui occupait le milieu entre une société secrète et un courant philosophique, entre exotérisme et ésotérisme. Le silence et le secret, la mystique des nombres mélangée à une rigueur toute scientifique pour les chiffres, la connaissance et le respect de soi, la notion d’harmonie universelle sont les marques principales de cet enseignement resté très vivace bien des siècles après la disparition de son auteur surtout en Sicile (aussi appelée la grande Grèce).
Pythagore passe pour avoir établi les éléments par les 5 polyèdres réguliers inscriptibles dans la sphère. Et oui, un chiffre, un élément, une figure, un mot, bref toujours nos sens en multi- dimensions…

Chez PYTHAGORE (570-472) la terre est représenté par le cube, le feu par le tétraèdre (notre pyramide comme quoi !! le PYR de PYRAMIDE est bien le feu), l’air par l’octaèdre, l’eau par l’icosaèdre et l’éther le 5ème élément par le dodécaèdre. Pythagore parla également des opposés universels, notion qui me parait fondamentale personnellement. Pythagore propose ainsi d’assemblées les opposées en 10 paires :

– Limité/illimité, multiplicité/unité, pair/impair, obscurité/clareté, inerte/vivant, droit/ courbe, mâle/femelle, gauche/droite, bon/mauvais, régulier/irrégulier.

– Ce nombre 10 de dix oppositions rejoint celui issu de la célèbre tétrakys, somme des 4 premiers nombres, traduisant la totalité du nombre 1+2+3+4=10.

Aristote (384-322), le plus ingrat des élèves de Platon, eu comme élève Alexandre le grand, le génial militaire qui lui fournit une fortune colossale pour avoir les moyens de réunir tous les écrits savants du monde connus de l’époque dans la fameuse bibliothèque. Il fonda le lycée, et enseigna. C’est lui qui aurait donné aux éléments leur qualification en deux couples opposés :
 – Chaud/froid, sec/humide, ainsi le feu/chaud/sec, et l’air/humide/chaud.
Les Egyptiens dès la 4ème dynastie fonctionnaient déjà sur ces principes bien avant Aristote.
Aristote parlera d’un 5ème élément, l’aether, qui est le mixte parfait des 4 autres. Les alchimistes appellent cela la quintessence. Ces éléments ne cessent de permuter les uns dans les autres, grâce au feu qui les anime, ce qui est appelé de nos jours dans une sorte de néologisme la trans- élémentation. Aristote décrit aussi les 3 états de la matière tangibles : solide, liquide, aérienne (le mot gaz sera inventé 20 siècles plus tard par Van Helmont !).
Voilà pour les quelques hypothèses historiques… allons voir dans notre loge, ce laboratoire qui nous apprend peut-être l’Alchimie ?
Que peut-elle m’apprendre aussi sur l’Alchimie, sur le chemin hermétique par essence voilé?
Les revues et dictionnaires maçonniques ne manquent pas non plus de références directes à la Philosophie Hermétique et au Corpus Hermeticum, auquel celle-ci se trouve liée, mais se retrouvent également des analogies avec la terminologie alchimique ; en voici un exemple, extrait du Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie de D. Ligou (p. 571) : « Nous citerons une interprétation hermétique de quelques termes utilisés dans le vocabulaire maçonnique : Soufre (Vénérable), Mercure (1er Surveillant), Sel (2ème Surveillant), Feu (Orateur), Air (Secrétaire), Eau (Hospitalier), Terre (Trésorier). L’on trouve ici les trois principes et les quatre éléments des alchimistes ». Additionnés les trois principes et les 4 éléments. J’ai 7 ans. A 7ans, je suis alors constitué du ternaire et du quaternaire additionnés. J’ai d’abord dépassé les opposés grâce au ternaire.
Ce que révèle le mot alchimie, c’est que ma loge constitue un domaine sacré, dans le sens où celui qui souhaite décodé la connaissance doit montrer sa volonté, il doit utiliser l’action et non la passivité. La loge n’est pas un dogme mais une gnose qui se démontre. Ma loge est un espace intérieur construit de silence nous l’avons au début de cette planche avec le mot « MUT » dans une de ses significations, lieu où deviennent effectives toutes les virtualités, et où l’Etoile peut ainsi se refléter de façon spéculative. Ma loge est mon laboratoire et mon mot de passe en même temps.
La racine H. R. M. , toujours les mots et oui…, est commune aux noms HERMES et HIRAM et ce comme la tradition égyptienne en avait l’habitude, associer par paires des déités de mêmes racines nominales… ce dernier formant avec SALOMON un parèdre « qui est assis près de, ou à côté de…, ».

 Nous Maîtres, nous déchiffrons aujourd’hui en fait, ainsi que le firent leurs ancêtres dans les temps mythiques. La Maçonnerie n’octroie pas LA connaissance en soi mais montre les symboles et indique les voies pour y accéder de manière volontaire, avec la bénédiction des rites ancestraux, qui agissent comme les transmetteurs de cette Connaissance.
Le Maître Constructeur emporte partout sa loge intérieure, c’est ce qu’il est lui- même, un Cosmos en miniature, conçu par le Grand Architecte de l’Univers.

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