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À la découverte du Suprême conseil du Tessin

Le Suprême Conseil du 33 ° et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté pour la République et Canton du TESSIN (confédération helvétique) s’est réuni, le 10 septembre dernier, en Italie, à Lonedo di Lugo di Vicenza .

Notre frère Jacques O. a eu l’honneur d’y assister en sa qualité de Souverain Grand Inspecteur Général (SGIG), 33ème, et nous rend compte aujourd’hui de cet événement maçonnique de portée internationale.

Jacques, pouvez-vous nous expliquer pourquoi le Suprême Conseil du Tessin (canton suisse italophone) se réunit-il en Italie?

Il se trouve que son Souverain Grand Commandeur vit et travaille en Suisse, au Tessin, mais possède une propriété familiale dans la région de Vicenza, une  remarquable bâtisse monumentale palladienne, la villa Piovene Porto Godi Vergnano qui est dans sa famille depuis… le XVIème siècle! 

Cette superbe maison a traversé les siècles en abritant, depuis le XVIIIème siècle une loge maçonnique toujours active  où j’ai eu le plaisir d’assister à une réception au grade d’apprenti particulièrement émouvante dans ce lieu chargé d’histoire, la veille de la réunion du Suprême Conseil du Tessin.

Quel était l’objet de cette réunion du Suprême Conseil?

Il s’agissait bien sûr de recevoir des représentants de différents Suprêmes Conseils d’Europe et d’entretenir ainsi des rapports d’amitié fraternelle unissant les frères au plus haut niveau du Rite. Mais cette année était également au programme de cette réunion la création d’un atelier de perfection qui, dans le prolongement de la loge “bleue”, permettra aux frères de poursuivre leur cheminement maçonnique du quatrième au quatorzième grade du REAA.

Pouvez-vous nous préciser ce qu’est exactement un Suprême Conseil?

Stricto sensu le Suprême Conseil réunit un nombre limité (entre neuf et trente-trois) de frères qui ont atteint le 33° et dernier degré du rite (le terme exact est “couronné” au 33°)  et ont la mission d’assurer la conservation, la direction et la transmission du Rite, il sont en quelque sorte les “gardiens du temple” Ils sont cooptés par leurs pairs, et sont désignés à vie; tandis que le Conseil Suprême réunit, sans limitation de nombre, tous les frères titulaires du 33° grade, mais qui n’ont pas de fonction spécifique dans la gestion et la direction de la juridiction de Hauts Grades du REAA (du 4° au 33° et dernier degré) bien qu’ils en soient des membres éminents.

 On ne peut normalement pas atteindre ce degré avant trente trois ans de pratique maçonnique dans tous les degrés précédents du REAA. Par exemple, ayant été initié en 1987 je suis certes un vieux maçon mais un jeune 33°!

Quant un membre du Suprême Conseil passe à l’Orient Eternel, c’est au sein du Conseil Suprême qu’est choisi son successeur pour le remplacer au Suprême Conseil.

Cependant  on appelle souvent, par abus de langage, “Suprême Conseil” la juridiction des Hauts Grades du REAA et par extension  l’ensemble des grades du 4° au 33°.

Pouvez-vous nous dire quelle est l’organisation en France de la juridiction de Hauts Grades du REAA, autrement dit du Suprême Conseil.

L’organisation du REAA se réfère à trois grands textes fondateurs dont l’historicité est sujet à controverse, au moins pour les deux premiers : les constitutions de Bordeaux 1762 (le REAA n’apparaitra cependant que 40 ans plus tard!); les” grandes constitutions de Berlin” de 1786 complaisamment attribuées à Fréderic II dont il existe au moins deux versions très vraisemblablement aussi apocryphes l’une que l’autre et la déclaration de Lausanne, bien réelle celle-là, de 1875 qui a malheureusement échoué à créer une sorte de règlement international du Rite.

Il  ne devrait en principe exister qu’un seul Suprême Conseil par état souverain, mais cette règle n’est en fait pas appliquée. Ainsi en existe-t-il, deux qui se reconnaissent réciproquement, aux Etats-Unis où a été créé le premier Suprême Conseil au monde en 1801.

En France la situation est plus compliquée encore. Le Suprême Conseil “historique” était créé en 1804. Rapidement contrôlé par le Grand Orient il s’en est finalement émancipé et sa situation s’est, définitivement croyait-on à l’époque, stabilisée en 1894 quand était créée la Grande Loge de France dont la vocation était de fédérer les loges bleues travaillant aux trois premiers grades du REAA, tandis que le Suprême Conseil ne se préoccupait que des trente degrés suivants (4° à 33°) .

 Mais en 1964 son Souverain Grand Commandeur (Charles Riandey) voulant être reconnu par le Grande Loge Unie d’Angleterre décidait de soucher son Suprême Conseil  sur la GLNF, obédience “régulière” au sens de la GLUA. Il partait avec un demi-millier de frères qui, pour les trois premiers grades quittaient la Grande Loge de France, tandis que le Suprême Conseil s’engageait à ne recevoir que des frères membres de la GLNF.

 Evidemment les frères de la Grande Loge de France ne pouvaient en rester là et reconstituaient leur Suprême Conseil.

Sans entrer dans les détails de l’histoire, cette aventure s’est répétée à chaque fois qu’une obédience connaissait une scission et te résultat est qu’aujourd’hui coexistent, pour ne citer que les plus importants en nombre, cinq ou six Suprême Conseils… sans compter les juridictions féminines ou mixtes.

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